Que signifie le tax shift pour vous ?

, par Bérangère Dumonceau

En Belgique, le marché du travail souffre d’un taux d’imposition sur le travail parmi les plus élevés. De ce fait, il est difficile pour les employeurs de garder le personnel en service, et plus difficile encore de créer des emplois supplémentaires. Ainsi, nous perdons de l’attractivité aux yeux des entrepreneurs étrangers. Non seulement les employeurs belges demandent des taux avantageux, mais les travailleurs soupirent eux aussi à la vue des taux qu’ils doivent céder sur leur salaire.

Il était donc clair depuis longtemps qu’un glissement devait avoir lieu des charges sur le travail vers d’autres sources de revenus pour l’État. Ce glissement a reçu le nom plus clinquant de « tax shift » et a vu le jour par un accord au sein du gouvernement fédéral à la mi-octobre.

Les informations que vous trouverez ci-dessous reposent sur des projets ; il peut donc encore se passer bien des choses. Ceci dit, il est déjà possible de résumer les principales tendances.

En tant que secrétariat social, nous vous informons volontiers des conséquences de ce tax shift. Pour vous, en tant qu’employeur, mais aussi pour votre personnel. Vous retrouverez systématiquement ici les informations les plus récentes.

Employeurs

En ce qui concerne les employeurs, le gouvernement s’efforce au maximum de baisser le coût salarial. Les principaux avantages concernent les secteurs marchands. Les charges sur le travail baisseront sensiblement au cours des prochaines années, en particulier dans les secteurs où l’on paie de bas salaires et où l’on effectue du travail de nuit et par équipe.

Ceci passe en premier lieu par un renforcement de la réduction structurelle. Ceci dit, les taux de cotisations patronales de base baisseront eux aussi. À terme, la réduction structurelle disparaîtra toutefois, en particulier pour les hauts salaires. Il n’est donc pas si facile d’affirmer dans quelle mesure vous devrez payer moins. Vous pouvez donc calculer ce que toutes ces interventions vous rapporteront grâce à notre outil de simulation tax shift.

Une mesure tout aussi remarquable est le renforcement des réductions ONSS pour les entreprises débutantes. Dans le cadre du recrutement des premiers membres du personnel, vous recevrez de sérieuses réductions sur votre facture de cotisations. Et pour le premier travailleur que vous embaucherez, vous ne devrez carrément pas payer de cotisations. En été, une mesure favorable a en outre déjà été lancée, à savoir la dispense de versement du précompte professionnel pour les petites entreprises débutantes.

Enfin, une attention particulière a été accordée au secteur de la construction. Reste encore à clarifier la façon dont ceci se traduira en termes de mesures.

Travailleurs

Les initiatives gouvernementales ne profitent pas uniquement aux employeurs. Le porte-monnaie du travailleur n’a pas été oublié. Le revenu net que le travailleur perçoit par son travail est augmenté. Ainsi, son travail lui rapporte plus et son pouvoir d’achat augmente. Le gouvernement fait la promesse d’octroyer au minimum 100 euros de plus à chaque travailleur percevant moins de 2 400 euros brut. L’accent est notamment mis principalement sur les bas salaires et les revenus moyens.

Une première façon de faire augmenter les salaires nets consiste à augmenter les frais professionnels forfaitaires. Ces derniers ont déjà été augmentés en 2015 et augmenteront encore en 2016 et en 2018. Les bonus à l’emploi social et fiscal qui ont déjà été augmentés conserveront aussi leurs effets pour les salaires les plus bas.

En outre, les tranches d’imposition seront adaptées. Une des tranches saute et les seuils d’une autre sont adaptés, de sorte que l’on arrivera moins vite à un taux d’imposition plus élevé. Pour l’ensemble des citoyens, la quotité du revenu exemptée d’impôt sera augmentée à partir de l’exercice d’imposition 2019.

Les travailleurs qui ont une voiture de société comme partie de leur rémunération peuvent dormir sur leurs deux oreilles, le gouvernement ne réformant pas les avantages.
Le citoyen moyen profite des corrections apportées aux impôts sur le revenu pour conserver ainsi une plus grande part de ses revenus, quelle que soit la façon dont il les perçoit. Cependant, l’augmentation du pouvoir d’achat est freinée en partie par les adaptations en matière d’accises, de taxes et de TVA.

Certains articles du panier de la ménagère sont plus chers et la facture d’électricité augmente également. Ce sont toutefois principalement les produits nocifs pour la santé, comme l’alcool, le tabac et les sodas, qui feront l’objet d’une hausse de prix.

Résultat

De toutes les mesures que le gouvernement a l’intention de prendre, il ressort la volonté claire de baisser les charges sur le travail. Les employeurs belges reçoivent davantage de marge de manœuvre et leurs travailleurs sont récompensés pour leur dur labeur.

L’argent servant à payer tous ces avantages doit naturellement provenir de quelque part. En ce qui concerne le citoyen, il s’agira de l’argent issu de la consommation de produits moins bons pour notre santé. Une augmentation de coût remarquable concerne également l’électricité. Malgré de vives protestations, la TVA est augmentée à 21 %. De plus, la facture augmentera encore de par la décision du gouvernement flamand de combler le trou creusé par les certificats verts. Pour épargner les entreprises, ce coût ne leur sera pas facturé. Pour elles, plusieurs mesures existantes seront toutefois à nouveau supprimées, comme la dispense générale de versement du précompte professionnel, mieux connue sous l’appellation « réduction AIP ».

Outil de simulation du tax shift

Calculez l’impact du tax shift pour votre situation.

Téléchargez le fichier excel ci-dessous et complétez le avec vos données. Vous découvrirez alors une estimation du montant réduit que vous devrez payer dans le futur.

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